Prix d'interprétation masculine Djemel Barek

Cette année, le prix d'intéprétation masculine du Festival CinéBanlieue sera nommé Djemel Barek. À cette occasion, le festival diffusera le film de David Oelhoffen Loin des Hommes, film majeur de la carrière de l'acteur franco-algérien disparu en 2020. Retour sur son parcours.

Né à Alger le 18 décembre 1963, Djemel Barek rejoint la France à l’âge de deux ans accompagné de sa mère pour retrouver son père, travailleur immigré. Après une enfance dans le quartier populaire Bernard de Jussieu à Versailles, il traverse une jeunesse tumultueuse entre délinquance, drogue et case prison. Amoureux des mots et du jeu depuis son plus jeune âge, il fait ses premiers pas au théâtre dans les années 1980 au Théâtre de l’Épée de Bois puis au Théâtre du Soleil aux côtés d’Ariane Mnouchkine. C’est lors de son dernier séjour en prison qu’il croise la route de Dominique Besnehard qui voit en lui un potentiel d’acteur et lui propose de devenir son agent chez Artmedia. Cinéma, télévision, courts métrages : à l’image, Djemel jouera plus de 60 rôles. On le retrouvera à l’international dans Munich de Steven Spielberg et en France dans des films comme L’Oranais de Lyes Salem,  ou encore Loin des hommes de David Oelhoffen ou Terminal Sud de Rabah Ameur-Zaïmeche. Côté petit écran, il apparaîtra dans des productions diverses comme Le Bureau des légendes (Saison 1), No Man’s Land, Ramdam, Le Grand Bazar et En thérapie. Dépeint par ses proches comme un homme généreux, bienveillant et aimant, Djemel gardera toujours une attache forte au quartier qui l’a vu grandir et mettra en place des ateliers de théâtre pour transmettre son amour de l’Art à la jeunesse. Il prendra sous son aile beaucoup de jeunes à commencer par le comédien Alban Ivanov. Le parcours de Djemel, c’est aussi celui d’une rédemption réussie, d’une grande liberté qui lui permettait alors de décliner tous les rôles qu’il jugeait stéréotypés. Tout au long de sa carrière, il restera toujours intimement lié à l’Algérie, son pays d’origine, et se fera un nom grâce à ses rôles dans les séries populaires El Khawa (2017) et Wlad Hlal (2019). Fidèle spectateur de Cinébanlieue, il est venu présenter en 2012 C’est Dimanche de Samir Guesmi et plus récemment en 2019  La Veillée de Riad Bouchoucha. Il s’éteint à Versailles, ville qu’il n’a jamais voulu quitter, le 30 juillet 2020, entouré de sa famille. Tout au long de sa vie et de sa carrière, Djemel porte des valeurs de tolérance et de transmission, il laisse un message d’espoir et de solidarité pour les générations à venir. 

Crédit photo : Philippe Besnard

 

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