Programme de l'édition 2016

 
 

Bande-annonce 2016 - 11e Édition

 

 

Le programme
A+ R A-

Télérama - avr 2016

Télérama - avr 2016

  

 Regardez “Maman(s)”, le film multiprimé de Maïmouna Doucouré, révélée par Talents en courts

 Emmanuel Tellier

Publié le 12/04/2016.

 
Le dispositif d’aide à la réalisation de courts-métrages Talents en cours, soutenu par Jamel Debbouze, fête ses trois ans. Cinquante-six films ont déjà été produits, dont “Maman(s)”, qui collectionne les récompenses en France et à l’étranger (Toronto, Sundance…)

Il y a des jours comme ça où l'on a juste envie de dire bravo. Se réjouir simplement, avant toute velléité d'analyse, d'avoir eu la chance d'écouter, ce 8 avril 2016, sur une scène parisienne, plusieurs jeunes cinéastes « pitcher » leur projet de court-métrage, premier film qu'ils vont (peut-être) pouvoir enfanter dans le cadre du dispositif Talents en court – lequel les met en relation avec des professionnels du septième art et de la télévision. Drôles, impertinents, vifs comme l'éclair – malgré la trouille, plus ou moins visible –, Azedine Kasri et sa partenaire Marie de Lerena, comme le très joueur Seïd Mokrani juste après eux, nous ont bluffé par leur « envie de cinéma », leur conscience aiguisée de ce qui les définit mais les nourrit tout autant. Créateurs d'imaginaire doublement motivés, ils sont bien décidés à mettre le pied dans un milieu qui peut parfois s'apparenter à une forteresse – sans passage par les écoles de cinéma, pas de salut  – et à profiter de l'aubaine pour laisser une trace en racontant l'époque, leur époque, d'une façon « autre », avec leur regard, leur humour, leur sensibilité.

Talents en court, c'est l'exemple réussi de ce que peut être un travail en réseau quand il est né pour de bonnes raisons, sous une bonne étoile (Jamel Debbouze), et qu'il profite de l'implication véritable, solide, durable, de partenaires qui ne se sont pas contentés d'apposer leur logo en bas d'une affiche. Depuis trois années très pleines, l'association Les Ami(e)s du Comedy Club est le moteur du projet. Jamel, qui accueille dans son club du boulevard de Bonne Nouvelle, à Paris, les séances mensuelles de pitch et d'échanges entre quatre candidats présélectionnés et des professionnels du secteur, a mis à profit son réseau de connaissances pour que l'affaire bénéficie du soutien de la région Ile-de-France, de la Mairie de Paris, de la SACD, et de manière plus active encore du CNC – le Centre National du Cinéma, où les questions de diversité culturelle sont, précisément, centrales.

Malgré la nature joyeuse du lieu, ne surtout pas s'attendre à des exercices de stand-up en cascade ou à des projets de comédies en série : les sujets choisis par ces cinéastes en devenir sont avant tout sociaux. « Ce qu’on voit émerger ici, nous explique Aurélie Cardin, la directrice artistique de Talents en courts, c’est une nouvelle génération de créateurs qui ont des histoires fortes à raconter en faisant appel à des comédiens qui représentent la France d'aujourd'hui, une France métissée et heureuse de l'être… Ces rencontres s'adressent à ceux qui n'ont pas de réseau, qui n'ont pas fait d'école de cinéma et qui a priori ont 1% de chance de pouvoir réaliser un jour leur film dans des conditions professionnelles. Nous voulons changer la donne et démocratiser l'accès au milieu audiovisuel, aux aides institutionnelles, dire aux jeunes créateurs que c'est possible… Des projets, nous en recevons beaucoup : via les comités de lecture du CNC, les structures partenaires – Urban Film Festival, Cinébanlieue, 1000 visages, Gindou, le Grec, la Maison du film court… Et nous recevons aussi de nombreuses candidatures spontanées. Avec nos deux tutrices, Julia Cordonnier et Noémie Nicolas, nous préparons les jeunes auteurs à venir présenter leur projet de film sur la scène du club. »

En trois ans, le dispositif a offert sa scène et son réseau de partenaires à cent trente jeunes auteurs, cinquante-six films ont été produits, seize ont été achetés par France Télévisions, dix ont été diffusés. Arte a aussi acheté et diffusé un court-métrage. Et déjà, le succès, le vrai, pointe le bout de son nez… « Maïmouna Doucouré est venue pitcher son projet Maman(s) en septembre 2013, se souvient Aurélie Cardin. Dès le début, nous savions qu'elle portait un projet personnel très fort, mais aussi risqué. Son film raconte avec beaucoup de délicatesse l'histoire d'une petite fille de 8 ans, Aïda, qui va être confrontée à l'arrivée d'une deuxième "maman" dans sa maison… Elle avait une première version assez aboutie de son projet, et elle a pitché son projet avec beaucoup d'aisance. Elle cherchait une production et un diffuseur, et au Comedy Club, ce jour-là elle en a trouvé les deux ! » Quelques mois plus tard, France Télévisions a préacheté le film, qui a également décroché la contribution financière du CNC. Encore tout chaud, il a été projeté en avant-première au printemps 2015 au Comedy Club, puis tout s’est emballé : Maman(s) a été programmé et recompensé dans de nombreux festivals, en France et à l’étranger – prix du meilleur court-métrage international au Festival de Toronto, prix du meilleur court-métrage au Festival de Sundance, Grand prix Cinébanlieue…  Le film comptabilise aujourd'hui plus d'une centaine de sélections. 

On n’est pas loin de penser que le très beau Le Bleu blanc rouge de mes cheveux, de la brillante Josza Anjambe pourrait connaître le même genre de parcours. Ce 8 avril 2016, la jeune réalisatrice était de retour au Comedy Club, deux ans après son pitch, pour le projeter en avant-première… et recevoir un tonnerre d’applaudissements. « Lorsque je monte sur la scène du Comedy Club, en octobre 2014, j’ai conscience que c’est la session de rentrée, qu’il y a dans la salle des producteurs, des diffuseurs, les acteurs du court-métrage, et que c’est probablement l’unique chance que j’aurai de convaincre quelques-uns d’entre eux. J’ai donc travaillé en me disant qu’il fallait que je sois concise, précise et efficace… Sur la scène, il est difficile de distinguer les visages. Ce qui m’a marquée, c’est le silence et l’attention qu’il y avait lorsque je racontais l’histoire de Seyna. Même si j’étais traqueuse, je n’ai pas du tout vécu ce moment comme un oral ou un examen. Il y a beaucoup de bienveillance dans la salle, ce qui facilite les choses. Au final, ce pitch a été un vrai moment de plaisir. »

Pour elle, qui n’avait jamais imaginé réaliser un film de fiction et étudiait encore à Paris 8 – « je m’intéressais à l’anthropologie des médias » –, le dispositif Courts en scène a été un déclic, un accélérateur inouï, mais aussi la confirmation que cette passion récente pour le cinéma et les histoires qu’on s’invente – « je me suis mise à écrire pour ne pas devenir folle après une rupture amoureuse » – n’avait rien d’illégitime, bien au contraire. « Petite, je n’allais pas au cinéma, ni à l’école, ni en famille, ni même pendant les vacances. A aucun moment le septième art ne m’avait appelée. Du coup, quand je l’ai rencontré, ça a été explosif, jouissif, une énorme claque. Pour moi, le cinéma était un monde nouveau, comme un pays dans lequel vous arrivez, qui vous capte et vous séduit en s’imposant à vous avec autorité, avec ses senteurs, ses couleurs, sa musique, ses visages. Je n’ai pas cherché à résister. C’est rapidement devenu une obsession. »

On aimerait écrire ici pourquoi son film nous a tant touché, mais ce serait risquer d’en trahir la belle idée, le « twist » innattendu – alors qu'il ne sera diffusé que dans quelques temps. Disons simplement qu’il traite d’identité – ou plutôt d’identités plurielles, montrées dans Le Bleu banc rouge de mes cheveux avec une force et une pudeur qu’on a rarement rencontrées. « J’aimerais que mon film soit vu dans les collèges et lycées de notre pays, de manière à pouvoir parler et encore parler de ce qu’est l’“être français” aujourd’hui. Il y a un tel déficit de perspective d’avenir, de confiance, qu'il est devenu absolument nécessaire de travailler avec les plus jeunes – et très tôt. Je crois que ce film peut être un outil pour ça. La France est malade et ne fait plus rêver, je le vois tous les jours. Mais c’est mon pays, je l’aime comme jamais et tant que j’aurai les moyens, aussi petits soient-ils, de contribuer à son apaisement, de faire en sorte qu’elle cesse de discriminer, de frustrer, de diviser, alors je le ferai. »

 

 Emmanuel Tellier

Publié le 12/04/2016.

 

 

Nos Partenaires

bandealogo.jpg

Qui sommes-nous ?

Créé en 2006, un an après les révoltes sociales qui ont embrasé les périphéries des grandes villes, le festival Cinébanlieue est né du constat qu’il n’existait pas de grandes manifestations consacrées à la banlieue vue sous l’angle de sa richesse sociale, culturelle et économique. Celui-ci entend prouver que la représentation de la banlieue et de ses habitants ne se résume pas à ce que les médias veulent bien montrer.

Ce festival offre une toute autre vision de ce qu’est la banlieue. Il s’agit principalement de montrer cet espace comme étant un lieu d’inspiration et d’épanouissement artistiques, et non plus comme source de tensions et de destruction. Aux côtés d’une sélection de films en compétition, il propose un panorama de films sur un thème d’actualité ; chaque année un cinéaste français ou étranger est choisi pour être l’invité d’honneur.

Calendrier des évènements

Juillet 2017
Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Dim
01
02
03
04
05
06
07
08
09
10
11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
21
22
23
24
25
26
27
28
29
30
31