Programme de l'édition 2017

  

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Afrotype - fév 2016

fév 2016

  

 

MAIMOUNA DOUCOURÉ (RÉALISATRICE) MAMAN(S)

 

Maïmouna Doucouré, couronnée de 16 prix

pour son premier court-métrage «Maman(s) » !

 

Le cinéma est tout sauf une science exacte. « C’est la meilleure arme pour celui qui veut transmettre des messages et des émotions ».  Maïmouna Doucouré en sait quelque chose. Elle n’a pas fait d’études de réalisation et pourtant son premier court-métrage professionnel « Maman(s) », a déjà remporté seize prix dont le meilleur court-métrage au Festival du film de Toronto, et  le Grand prix Cinébanlieue . Ce dernier remis par Fleur Pellerin, s’est déroulé dans une ambiance particulière puisque c’était aux lendemains des attaques de Paris. Le festival Cinébanlieue qui fêtait ses dix ans d’existence a une légitimité encore plus grande aujourd’hui tant pour la lumière positive qu’il projette sur les quartiers que sur les talents qui en sont issus. 
Maman(s) est un film poignant qui aborde le bouleversement qu’est la polygamie à travers les yeux d’une enfant. Mention spéciale à Sokhna Diallo, qui du haut de ses neuf ans a déjà tout d’une grande actrice. 
Les souvenirs d’enfance de la réalisatrice, à Ourcq dans le 19ème arrondissement de Paris, sont joyeux et multiples : issue d’une fratrie de dix enfants dont elle est la cinquième, Maïmouna Doucouré aspire à réaliser d’autres films à travers le prisme d’enfants pour créer quelque chose qui n’existe pas, une réflexion différente, toute en nuances et subtilités. 
Maïmouna Doucouré qui rêverait de faire jouer Meryl Streep ou Joaquin Phoenix  dans un de ses films prépare actuellement son premier long-métrage. 


Afrotype est allé à sa rencontre. 


Votre premier court-métrage « Maman » traite du bouleversement qu’est la polygamie à travers les yeux d’une enfant. Est-ce un film autobiographique ? 


C’est mon deuxième court-métrage mais mon premier court-métrage professionnel avec une structure de production et de financement. C’est autobiographique dans la mesure où j’ai grandi avec deux mamans, dans une famille polygame. Après le reste relève de la fiction. A la différence de la petite fille dans le film, je n’ai pas vécu l’arrivée de la deuxième épouse. Quand je suis née, elle était déjà là. Je n’ai pas fait tout ce que cette petite fille a fait. Elle sourit. Le public découvre tout à travers l’enfant, il voit ce qu’elle voit, il entend ce qu’elle entend. C’était un parti pris de ma part. La fille va prendre la douleur de sa mère pour se révolter. La mère ne va pas avoir cette force. Certaines femmes révoltées au départ se résignent à accepter des situations. Et c’est la petite fille qui voit ce qui ne va pas et va décider de dire stop, à sa façon….. 


Selon votre expérience, comment les enfants perçoivent l’arrivée de la deuxième épouse ?   


Certains enfants vont l’accepter sans problème, d’autres vont très mal le vivre. Mais ce que j’ai pu observer autour de moi c’est que la réaction de l’enfant est souvent liée à comment la mère le vit. 
Votre court-métrage Maman(s) a remporté seize prix  dont celui du meilleur court métrage du Festival du Film de Toronto et le Grand Prix CinéBanlieue.

Comment expliquez-vous ce succès ? 


Je pense que ce qui a touché le public c’est sa dimension universelle, ce n’est pas un film sur la polygamie. La polygamie n’est qu’un cadre social et familial. Le film traite d’un drame familial et du bouleversement que cela engendre chez une petite fille.  Je n’aborde pas la polygamie de manière frontale je n’explique pas ce que c’est, si c’est bien ou non : l’émotion passe au travers de la manière dont le vit la petite fille et sa mère.  C’est ce que me disent les gens qui l’ont vu, que ça soit le public ou les professionnels. Ils se sont identifiés à la petite fille, ça les a renvoyés à leurs propres histoires et ceci quel que soit leurs origines.  Ce n’est pas un film-clichés.
Le festival CinéBanlieue a commencé à Saint-Denis le vendredi 13, le soir des attaques, et s’est clôturé une semaine après à Aubervilliers.   A quoi avez-vous pensé quand Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la communication, a cité votre nom au moment de la remise du Grand prix ?  
J’ai tout de suite pensé à l’utilité d’un tel festival. C’est d’ailleurs ce que j’ai dit au moment de mon discours, j’ai remercié la créatrice du festival Cinébanlieue, Aurélie Cardin, pour tout le travail qu’elle réalise au quotidien. Elle met en avant des scénaristes, réalisateurs qui n’ont pas forcément le réseau et/ou fait des études de réalisation. Aurélie Cardin présente également le dispositif « Talents en Court », c’est une fois par mois au Jamel Comedy Club. Fin 2013, j’étais montée sur la scène de « Talents en Court » pour présenter mon film devant des producteurs afin d’avoir les financements nécessaires pour réaliser mon film. C’est un exercice très pratique. Mourad Kertobi, responsable des courts-métrages au CNC, fait également un travail fabuleux pour découvrir de nouveaux talents et leur donner les moyens de réaliser leurs rêves.  
Vous avez suivi une formation de comédienne. Pourquoi avoir voulu passer derrière la caméra ? 
J’écris depuis que je suis petite, j’ai toujours aimé cela. Après une licence en biologie à l’université Paris VI, j’ai intégré le Laboratoire de l’Acteur de Paris (11ème).  
Les films sur l’enfance m’ont toujours attirée : Jeux interdits de René Clément ou Ponette de Jacques Doillon. J’ai récemment vu un film magnifique iranien, « Les enfants du ciel » de Majid Majidi.
Mon premier pas en tant que réalisatrice c’était il y a deux ans, dans le cadre du concours « HLM sur cour(t )». Organisé par l’Union Sociale pour l’habitat, l’idée de ce concours est de donner un autre regard sur les quartiers. Mes souvenirs d’enfance dans mon quartier ce sont des chasses aux trésors géantes avec une quarantaine d’enfants ou d’autres jeux dehors comme la corde à sauter… Donc mon premier court-métrage « cache-cache » parle de cela. Une dizaine d’enfants qui jouent à cache-cache et il y a un moment donné une disparition. Une vieille dame du quartier va les accuser et les enfants vont l’aider ensuite à enquêter. Ça parle de la solidarité qui émane des quartiers et aussi les querelles qui peuvent exister entre les personnes… 
 
     
Quels sont vos projets ? 


Je suis en train d’écrire mon premier long-métrage. Maman(s) est sélectionné au Festival du Film de Sundance, le principal festival américain de cinéma indépendant et au Festival International du court-métrage de Clermont-Ferrand.  Je voulais aussi dire un mot sur le métier d’artiste. A la base, nous avons des choses à dire, mais suite aux attaques de Paris, nous avons encore plus de choses à dire. Le cinéma est une arme de paix, de communication et de messages.  Grâce au vecteur émotionnel, le cinéma permet de balayer toute cette haine et véhiculer un message d’espoir et aussi sensibiliser le public sur des sujets sociétaux.   

 

M Meddeb

 

Qui sommes-nous ?

Créé en 2006, un an après les révoltes sociales qui ont embrasé les périphéries des grandes villes, le festival Cinébanlieue est né du constat qu’il n’existait pas de grandes manifestations consacrées à la banlieue vue sous l’angle de sa richesse sociale, culturelle et économique. Celui-ci entend prouver que la représentation de la banlieue et de ses habitants ne se résume pas à ce que les médias veulent bien montrer.

Ce festival offre une toute autre vision de ce qu’est la banlieue. Il s’agit principalement de montrer cet espace comme étant un lieu d’inspiration et d’épanouissement artistiques, et non plus comme source de tensions et de destruction. Aux côtés d’une sélection de films en compétition, il propose un panorama de films sur un thème d’actualité ; chaque année un cinéaste français ou étranger est choisi pour être l’invité d’honneur.

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